Sultanat d’Anjouan – Tentative de putsch avortée en 1856.

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Sultanat d’Anjouan Tentative de putsch avortée en 1856

Said M’kou ibn Mwigni M’kou voulait assassiner le Sultan Mawana Abdallah III Al Maduwa en 1856

Plus d’un an après avoir succédé à son père Salim II au pouvoir sous la protection des Anglais, le jeune Sultan d’Anjouan, Abdallah III, âgé à peine de 19 ans, faisait face à une tentative de coup d’Etat au palais. Après un combat sans merci qui s’est soldé par 7 morts, le sultan restait maitre de la situation et finit par arrêter les commanditaires qui ne sont que trois de ses cousins : les Princes Mwenye Allaoui, Mwenye Abdallah Hussein et Mwenye Said M’kou.

Les deux premiers princes furent mis à mort dans la prison de Mutsamudu (Fortaleza) tandis que le sultan laisse la vie sauve au Prince Mwenye Said M’kou.

La question est pourquoi le Sultan Abdallah III a-t-il décidé de donner un autre sort à Mwenye Said M’kou que celui qu’il a réservé aux deux premiers ?

Est-ce parce que le Prince Mwenye Said M’kou wa Sultan Ahmed Mwigni M’kou est le fils de la tante du Sultan Abdallah III ? La Princesse Mwana Amina binti Sultan Alawi 1er, mère de Said M’kou et Sultan Salim II ibn Alawi 1er, père de Sultan Mawana Abdallah III, ont la même mère la Princesse Mwana Wetrou binti Sultan Abdallah 1er Al Masela.

Mais Jean Martin voit une autre explication : « cette félonie fut sévèrement châtiée. Mwenye Alaoui fut étranglé dans sa cellule tandis que son frère Abdallah Hussein rendait l’âme sous les coups de sagaie des sbires du sultan.

Quant au Prince Mwenye Said M’kou, il était le fils du Sultan Ntibe de Ngazidja [Sultan Ahmed M’kou Mwigni M’kou], protégé des Français. C’est probablement ce qui lui valut d’être remis en liberté. Il ne s’attarda point à Anjouan. » Jean Martin, Comores quatre îles entre pirates et planteurs, tome 1, page 334, l’harmattan, 1983.)

Selon la tradition orale, ce fut la raison qui aurait poussé le fils ainé du Sultan Mwigni M’kou de partir s’installer à Ngazidja. On a malheureusement peu d’information sur son séjour à Ngazidja auprès de son père.

Par ailleurs, il est fort probable, que le Prince Mwenye Said M’kou wa Mwigni M’kou, ait eu à Anjouan, ses deux enfants Ahmed et Abdallah, avant de s’installer à Ngazidja.

On se demande encore une fois, pourquoi le Sultan Abdallah III avait-il donné la liberté à son cousin Mwenye Said M’kou, après que celui-ci ait tenté de le chasser du pouvoir ? Et pourtant, il était connu que les deux princes étaient tous deux, amoureux d’une même princesse. Cela aurait pu être une raison de plus pour le Sultan Abdallah III d’éliminer physiquement son cousin rivale cette fois-ci sur le terrain miné de l’amour envers la même femme.

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Images : Sultan Ahmed Mwigni M’kou de Ngazidja (1793-1875), père du prince Said M’kou et sultan protégé des Français et Sultan Mawana Abdallah III d’Anjouan (1837-1891).

Crédit photo de sultan Ahmed Mwigni M’kou : Magasin français Pittoresque publié en 1855.

Sources : Jean Martin, Comores quatre îles entre pirates et planteurs, page 334, tome 1, l’harmattan, 1983.

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